Bien que la Fête nationale du Québec soit célébrée depuis bien plus de 100 ans, certains événements ont fait en sorte que des célébrations de la Saint-Jean-Baptiste se soient démarquées des autres et aient permis à l’événement d’évoluer.
Les émeutes de 1968-1969 : On se le rappelle, les années 1960 et 1970 étaient le théâtre de changements profonds dans la société québécoise et, par association, de la Fête nationale. Les célébrations traditionnelles ont laissé place aux célébrations populaires, mais pas sans bouleversements : les défilés de 1968 et 1969 ont causé tout un émoi.
La Saint-Jean de 1968 est aussi appelée le lundi de la matraque, en raison des émeutes qui ont eu lieu en contestation de la présence de Pierre-Elliott Trudeau à l’événement. En 1969, c’est la statue de Saint-Jean-Baptiste qui y a goûté, se faisant décapiter par le Front de libération populaire (FTP).
1975 : Mais l’événement qui a marqué l’imaginaire des Québécois à tout jamais est évidemment la Saint-Jean-Baptiste de 1975, où l’enthousiasme nationaliste conquiert les foules. C’est là que Gilles Vigneault, sur scène avec Louise Forestier et Yvon Deschamps, lance la célèbre chanson « Gens du pays », qui est maintenant jouée à chaque année.
1976 : le grand spectacle des Plaines d’Abraham à Québec, portant cette année là le nom de « 1 fois 5 », en l’honneur de l’album éponyme de Robert Charlebois, Gilles Vigneault, Claude Léveillée, Yvon Deschamps et Jean-Pierre Ferland, passe à la postérité. Il est repris à Montréal, où plus de 300 000 personnes assistent au spectacle.
1977 : C’est cette année là que le premier ministre du Québec, René Lévesque, proclame le 24 juin jour de la Fête nationale du Québec, qui devient ainsi une journée fériée et chômée. De ce fait, il permet de dissocier la fête populaire de la fête religieuse avec doigté. La Fête nationale se déroule en 1977 sous le thème « J’ai la mémoire en fête » et se veut plus décentralisée avec plusieurs célébrations de villes et de quartiers plutôt qu’uniquement les spectacles de Montréal et Québec.
1990 : Le grand Défilé de Montréal revient après 20 ans d’absence. Pour l’occasion, on fait appel à Richard Blackburn pour concevoir la parade, qui représentait la force, la créativité et le succès des Québécois. On se rappelle l’ouverture du défilé avec le mouton noir, baptisé le Mouton de Troie, un symbole qui avait disparu depuis 1964.