«C'est inacceptable» - Serge Savard

Publié par Bruno Gauthier pour 98,5fm Sports le dimanche 18 décembre 2011 à 11h16. Modifié par Jean-Mychel Guimond à 15h20.
«C'est inacceptable» - Serge Savard
Serge Savard

(98,5 Sports) - Au lendemain du congédiement de Jacques Martin par le Canadien de Montréal, les voix ont été nombreuses à décrier la nomination de l'anglophone unilingue Randy Cunneyworth à la barre de la seule équipe francophone à travers la Ligue nationale de hockey.

Lors du point de presse organisé samedi sur le coup de midi samedi, le directeur général Pierre Gauthier a tant bien que mal tenté de justifier la nomination de Randy Cunneyworth en expliquant qu'il respectait la culture francophone. «Une langue, ça s'apprend, a-t-il lancé. Randy connaît bien et respecte la culture francophone, mais ce qui compte, c'est la victoire.» Pour l'ancien directeur général du Canadien Serge Savard, qui a occupé ces fonctions à la fin des années 90, la décision prise par Pierre Gauthier est inacceptable. «La seule chose qui est inacceptable à Montréal, c'est d'avoir un entraîneur unilingue anglais. Je ne doute pas des compétences (de Cunneyworth), mais pour moi, c'est impensable.» «À mon époque, a poursuivi le Sénateur, je n'aurais jamais eu le réflexe de faire une telle chose. Et si par malheureux je l'avais fait, Ronald (Corey) m'en aurait empêché.» «On souhaite une nouvelle équipe au Québec» En entrevue avec Cogeco Nouvelles dimanche matin, la Société Saint-Jean-Baptiste, qui défend la langue française à travers le Canada, a déploré que la direction du Canadien soit aussi indifférente envers ses partisans francophones. «On souhaite vivement qu'il y ait une nouvelle équipe de hockey professionnel au Québec qui puisse promouvoir la langue française», a fait savoir le président de la société, Mario Beaulieu, ajoutant que le recul est également notable dans le milieu des affaires et de la fonction publique. «L'organisation ne se préoccupe pas du fait francophone» Pour sa part, le collaborateur du 98,5 fm Philippe Cantin, également chroniqueur dans La Presse, soutient que cette nomination démontre le peu d'intérêt que porte l'organisation montréalaise pour son histoire et ses partisans. «Mieux que n'importe quelle parole, on se rend compte qu'il n'y pas de préoccupation (linguistique) actuellement au sein de l'organisation.» Depuis plusieurs années, comme le mentionne Cantin, les partisans réclament plus de francophones dans l'uniforme tricolore, mais que le Canadien n'y porte pas attention. «Les efforts ne sont pas assez nombreux des dirigeants pour laisser croire aux partisans qu'ils sont entendus.» Toujours selon le journaliste, l'entraîneur doit être en capable de s'empreigner de la culture locale pour mieux la comprendre, parce que sa visibilité au poids médiatique, est aussi prédominante que celle du premier ministre. Une tradition perdue? Depuis plus de 25 ans, le Club de hockey canadien a toujours fait appel à un entraîneur-chef s'exprimant à tout le moins dans un français rudimentaire pour diriger sa prestigieuse organisation. Le Montréalais Bob Berry est donc le dernier entraîneur unilingue anglais à avoir dirigé le Canadien, au milieu des années 80. Berry a dirigé le Tricolore pendant deux saisons et demie (1981-1984) avant de laisser sa place à Jacques Lemaire. N'eut été de la démission de Claude Ruel durant la saison 1971, qui a été remplacé temporairement par l'Américain Al McNeil, il faut remonter à l'époque de Dick Irvin pour retrouver un entraîneur unilingue anglophone derrière le banc de l'équipe la plus titrée de l'histoire de la LNH.

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